Une page de l’histoire des ex-mineurs réunionnais dits de la Creuse s’illumine désormais sur le mur du plateau sportif du centre de Cilaos.
Dessinée par les artistes réunionnais Nathalie Maillot et Nelson Boyer, cette fresque multicolore rend hommage aux 23 victimes de Cilaos… et à toutes les autres.
Une œuvre forte, vibrante, qui fait vivre la mémoire.
Bravo aux artistes.
Nathalie MAILLOT et Nelson BOYER :
Fresque mémorielle réalisée à Cilaos par les artistes Nathalie Maillot et Nelson Boyer, en hommage aux Enfants dits de la Creuse.
Avec le soutien de la mairie et de la Fédération des Enfants Déracinés des DROM.
Cette œuvre rend une pensée particulière aux 23 enfants de Cilaos qui ont été arrachés à leur famille.
La fresque s’articule autour de plusieurs symboles forts.
Au premier regard, une fillette joue à la corde à sauter dans un paysage luxuriant. Son visage respire la joie et l’innocence. Elle ne prête aucune attention à la voiture rouge en arrière-plan — un tube Citroën des années 1970, autrefois utilisé par les services sociaux lors des enlèvements d’enfants défavorisés.
Une église domine la scène, silencieuse témoin de la tragédie qui s’apprête à frapper cette innocence.
À droite, une adolescente rentre de l’école, marchant dans un champ de coquelicots, les épaules affaissées. Elle plonge dans ses souvenirs, dans les fragments de son enfance volée.
En fond, le clocher du centre-ville et les montagnes se dressent, liant ces deux univers : celui de l’enfance sereine et celui de la rupture, de l’exil imposé.
Réalisée à la peinture acrylique sur un mur, la fresque adopte une esthétique évoquant l’aquarelle, aux couleurs douces et fusionnantes.
Une manière de traduire, par la délicatesse visuelle, la violence d’une page sombre de l’histoire de France.
Fresque des artistes réunionnais Nathalie MAILLOT et Nelson BOYER
20 novembre 2026, commémoration à Ville de Cilaos de l'histoire des Enfants réunionnais exilés de force
Lorsque les élèves du collège Alsace Corré nous transmettent leur mots :
- J'ai retenu qu'ils étaient maltraités. Ce qui m'a surpris, c'est qu'ils étaient exportés bébés. Avez-vous fêté Noël ?
- Qu'est-ce que vous ressentez chaque matin à cause de la Creuse ?
- Profite de la vie tout de suite et oublie ton passé.
- J'admire votre force et le courage que vous avez d'en parler.
- Ils étaient maltraités. Toute leur histoire pour revenir à La Réunion. Est-il compliqué de parler de votre histoire ?
- J'ai retenu qu'ils étaient séparés de leurs parents etc... ce qui m'a surprise, c'est que les assistants sociaux ont promis aux parents qu'ils reviendraient tous les ans. Ce que je voudrais dire à un enfant de la Creuse, c'est que, malgré tout, il faut garder le sourire car vous êtes forts.
- J'ai retenu que c'était pas cool pour eux parce qu'ils voyaient pas leurs vrais parents.
- Cette histoire est triste mais ce qui me surprend, c'est que, encore aujourd'hui, des enfants sont maltraités physiquement et moralement.
- Cette histoire est dramatique mais ayez confiance en vous.
- La perte d'un proche peut détruire une personne.
- Même si c'est dur, gardez courage en vous - Sarah.
- Merci beaucoup d'être venue. Votre histoire m'a fait vraiment mal au coeur. À bientôt, j'espère que je vais vous revoir.
- On vous soutient.
- J'ai retenu que c'était triste et difficile d'avoir été enlevé de leur famille.
- Vous avez le droit d'avoir votre propre identité.
- J'ai retenu que c'est dur de perdre un(e) proche et de rester pendant des années sans le voir.
- Merci pour cette histoire touchante. Je vous donne de la force.